Sa naissance et sa croissance
Khalil (Abouna Yaacoub), fils de Boutros Saleh El-Haddad et de Chams Youakim El-Haddad, est né le premier février 1875 à Ghazir (keserwan- Mont Liban). Le petit Khalil est baptisé en l’église Notre-Dame El-Habchié le 21 février 1875. Il grandit dans son village natal Ghazir recevant sa première éducation à l’école paroissiale Saint-François, pour ensuite fréquenter l’école Saint-Louis connue sous le nom de Mzar. Par la suite, il s’inscrit au collège de la Sagesse de Beyrouth dont il a obtenu son diplôme en 1891.
En 1892, et après avoir reçu ses certificats, il se rend à Alexandrie où il excelle dans l’enseignement de la langue arabe au collège Saint-Marc. Mais à peine un an écoulé, qu’il entend l’appel à la vie religieuse, l’incitant à abandonner le monde et à suivre le Christ. « Je deviendrai prêtre », dit-il.
Il revient alors au Liban, et entre au Couvent Saint-Antoine de Padoue (Khashbau – Ghazir) des Pères Capucins, le 25 août 1893, exauçant ainsi son vœu: « J’y suis entré vivant, je n’en sortirai que mort« .
Il demeure huit mois au postulat; et le 26 mars 1894, il entame son noviciat, recevant l’habit religieux et le nom de Frère Jacques.
Les Frères l’estiment et votent à l’unanimité l’aptitude du Frère Jacques à la profession des vœux. Le 24 avril 1895, il prononce les vœux temporaires; trois ans après, le 24 avril 1898, il prononce les vœux perpétuels.

Son sacerdoce et sa mission
Dans son cheminement vers le sacerdoce, Frère Jacques entre au Couvent de Krey pour achever ses études sacerdotales.
Le 1er novembre 1901, il est ordonné prêtre. Il célèbre sa première Messe à l’église Saint-Louis, à Beyrouth (Bab Idriss), pour célébrer par la suite sa seconde dans son village natal Ghazir, sur l’autel du couvent Saint-François, en présence de ses parents, ses frères et les gens de son village.
Avec l’émergence de son nom, de sa performance et de sa mission sacerdotale, Abouna Yaacoub est nommé en 1905 directeur des Écoles des Pères Capucins au Liban; il introduit alors l’idée de créer de petites écoles dont le nombre s’élève à 230. Abouna Yaacoub se distingue par l’art d’organiser pèlerinages, processions et célébrations des Premières Communions et ne cesse de répéter : « semez des hosties, vous récolterez des Saints« . Il est également tellement connu pour sa prédication et ses conseils spirituels, qu’on fait appel à lui pour prêcher en Syrie, en Iraq, en Palestine et autres pays…
À l’instar de son père, Saint François d’Assise, Abouna Yaacoub fonde le Tiers Ordre Séculier et en diffuse les principes et le règlement dans les villes et les villages en 1906.
Conscient de l’importance de la presse et de son rôle dans la propagation de la mission en tout lieu et tout moment, il publie en 1913 la revue mensuelle «l’ami de la famille».
La première guerre mondiale éclate en 1914; et les Capucins Français se voient alors contraints de quitter le Liban, après avoir confié toute la mission à Abouna Yaacoub. Cependant, ces nouvelles charges ne l’empêchent pas de s’occuper du Tiers Ordre Séculier; il consacre sa mission à distribuer du pain aux affamés et d’inhumer les morts. Durant cette période difficile, la providence divine l’accompagne jour et nuit; maintes fois, il échappe à la potence, à la prison et l’arrestation.



Sa mort
Abouna Yaacoub rend l’âme le 26 juin 1954 à 15h00 en murmurant: « Ô Croix du Seigneur, Ô bien-aimée du cœur« . La nouvelle de son décès rendue publique, les masses des croyants affluent au couvent de la Croix, et le Nonce Apostolique Monseigneur Joseph Beltrami, déclare ce jour-là qu’ « Abouna Yaacoub est le plus grand homme que le Liban ait connu de nos jours« .

Ses écrits
Abouna Yaacoub a écrit, composé et traduit de nombreux cantiques populaires laissant plus de 10,000 pages manuscrites comprenant des mémoires, des livres religieux, des contes, des conseils, et des sermons sur divers sujets religieux et sociaux.







